La littérature clandestine

Le 15 décembre 1940, le premier mot du journal clandestin du Comité national de Salut public, créé par des savants du Musée de l'Homme, à Paris, est «Résistance». Le 23 février 1941, les membres du groupe du musée de l'Homme, après un procès d'un mois, sont executés.

Une imprimerie clandestine - (phototèque du secrétariat aux Anciens combattants. «La Savoie dans la Résistance»)

En 1941, Jacques Decour et Jean Paulhan créent «Les Lettres Françaises», journal clandestin du Front national des écrivains. Arrété le 19 fevrier 1942 par la police française, livré à la Gestapo et fusillé le 30 mai, Jacques Decour a laissé une bouleversante lettre d'adieu: «Je me considère un peu comme une feuille qui tombe de l'arbre pour faire du terreau. La qualité du terreau dépendra de celle des feuilles. Je veux parler de la jeunesse française».

Huit jours avant lui a été executé Georges Politzer, le philosophe qui participait avec lui, dès 1940, à la rédaction de «L'Université libre», de «L'École laïque», de «La Pensée libre» un an plus tard.

Nombre de journaux clandestins ont été rédigés, édités et diffusés au péril de la vie des auteurs, des imprimeurs, des diffuseurs par les différents mouvements, partis, syndicats. A part ceux déjà cités, notons: «Combat», «Libération», «Franc-Tireur», «Témoignage chrétien», «L'École libératrice», «L'Humanité» et «Le Populaire clandestin», «Les Etoiles», etc. Des milliers de tracts ont été rédigés par des travailleurs de toutes catégories, des enseignants, des ingénieurs, des étudiants, des lycéens, des ménagères.

Parmi les éditions clandestines les plus celèbres, citons: les «Éditions de Minuit» , où paraissent «Le silence de la mer» (Vercors), «Péguy-Péri» (Aragon), des oeuvres de Desnos, Jules Isaac, Jean Tardieu, Edith Thomas, etc.

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