L'unification de la Résistance

Clandestine, la Résistance évolue cependant en raison de tous les évenements intérieurs et extérieurs, la résistance des Anglais aux bombardements, l'influence de la France libre par l'intermédiaire de la B.B.C..

L'invasion de l'U.R.S.S. par l'Allemagne, le 22 juin 1941, I'entrée en guerre des Américains après le bombardement de Pearl Harbour par les Japonais, le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, et en guise de represailles, I'occupation de la zone «Iibre», le 11 novembre 1942, par les troupes allemandes (et l'installation de ses polices en zone sud), autant d'événements qui fortifient les différents courants de la Résistance.

Malgré la propagande de Vichy et les discours de Pétain, malgré les arrestations, les exécutions annoncées par des affiches jaunes et noires, rouges et noires, une grosse fraction du peuple français n'a pas accepté les mesures contre les Juifs et la grande rafle du 17 juillet 1942, n'accepte pas les restrictions au bénéfice de l'Allemagne et des profiteurs du régime, n'accepte pas l'éloignement de deux millions de prisonniers, la comédie de la «relève», la phrase de Pierre Laval, déclarant: «Je souhaite la victoire de l'Allemagne», l'instauration du Service du travail obligatoire (S.T.O.).

Avec la défaite allemande à Stalingrad (février 1943), il semble que la victoire change de camp. Les résistants de toutes idéologies acceptent de reconnaître pour chef celui qui le premier a lancé l'appel à la Résistance.

JEAN MOULIN ET LE C.N.R.

L'unification de la Résistance fut surtout l'oeuvre de Jean Moulin. Cet ancien préfet de Chartres. qui avait essayé de s'ouvrir la gorge plutot que de signer une déclaration qu'il jugeait infamante pour les troupes françaises, avait été limogé par Vichy et avait gagné Londres en septembre 1941. Il était revenu en France en janvier 1942 avec mission de coordonner les efforts des mouvements de Résistance sur les plans politiques et militaires. Moulin eut quelque mal à se faire admettre. Mais il détenait un argument capital il distribuait l'argent grace auquel les mouvements pouvaient vivre. (...) ll finit par s'imposer. (...)

La première réunion plénière du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) se tint le 27 mai 1943, rue du Four, à Paris, avec la participation des représentants des mouvements de la Résistance, des anciens partis politiques, et des délégués des syndicats clandestins.

Jean Moulin, qui présidait, lut un message du général de Gaulle, disant entre autres que la parole serait rendue, dès que possible, au peuple français.

Pour des raisons de sécurité, le C.N.R. ne se réunit plus en séance plénière jusqu'à la Libération.

La tache essentielle fut d'établir un programme, le celèbre «programme du C.N.R.», composé de deux parties: l'une consacrée à la lutte immédiate et préconisant l'union; l'autre engageant l'avenir, préconisant des réformes sociales, et, sur le plan économique, réclamant des nationalisations.

Le Conseil national de la Résistance nomma des sous-commissions, chacune presidée par un membre du C.N.R. assisté de spécialistes. Ce sont ces commissions qui nommeront les secrétaires généraux du gouvernement chargés d'occuper provisoirement les postes ministériels à la Libération . Il décida, en outre, avec Francis Closon, d'instituer dans les départements des Comités de Libération, composés à l'image du C.N.R., destinés à coordonner l'action de la Résistance dans le département et entourer le préfet, à la Libération, d'une représentation de la population résistante.»

D'après H. MICHEL

LE PROGRAMME DU C.N.R.

«Au printemps 1944 sera diffusé, sous le titre «Les jours heureux», le programme d'action du C.N.R.. Tout d'abord action immédiate: collaborer étroitement aux opérations militaires françaises et alliées pour libérer la patrie. Le C.N.R. adjure les alliés d'ouvrir un second front. Il exige des armes, il se glorifie des grèves, de la constitution des maquis, de la résistance au S.T.O. qui attestent la combativité du peuple français. Il appelle à l'intensification de la lutte armée (...).

Lorsque la France sera libérée, le C.N.R. devra veiller à l'établissement d'un gouvernement provisoire de la République, formé par le général de Gaulle, pour défendre l'indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle. Les traîtres devront être châtiés .

La parole devra être rendue au peuple français rour assurer la démocratie la plus large, restaurer le suffrage universel, la pleine liberté de pensée, de conscience, d'expression. Le respect de la personne humaine, l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi...»

«La Résistance »

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