Les débuts de la Résistance en France

L'invasion foudroyante, par les troupes allemandes de la France, de la Belgique. des Pays-Bas, commencée le 10 mai 1940, le réembarquement des troupes anglaises à Dunkerque, l'exode, les deux millions de prisonniers, autant d'évenements qui frappent les Français de stupeur.

Le 17 juin, le maréchal Pétain demande l'armistice (signé à Rethondes et effectif le 25 juin).

L'APPEL DU 18 JUIN 1940

Le 18 juin 1940, un géneral presque inconnu, Charles de Gaulle, lance de Londres le premier appel de la résistance: «Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.»

RÉSISTANCE SPONTANÉE

«Dès l'appel du 18 juin, dès la signature de l'armistice, des manifestations spontanées de résistance prouvent que les Français commencent à réagir après le choc et la stupeur de la défaite et de l'occupation.

Le 24 juin, 130 hommes, habitant l'île de Sein décident avant l'arrivée des Allemands, de gagner l'Angleterre. Le plus jeune a 12 ans, le plus agé 60. Ils débarquent à Portsmouth et entreront dans les Forces navales françaises libres, en train de naître.

On se transmet des anecdotes de bouche à oreille: le freinage du travail ouvrier dans les entreprises travaillant pour l'ennemi est recommandé par tracts manuscrits, messages: certains procèdent au dangereux ramassage et stockage des armes abandonnées en juin 1940.

Le 22 juin, les armées de l'Est avaient capitulé. Le 24 les Allemands étaient entrées à Angoulême, à Grenoble. à Menton... Lorsqu'ils pénètrèrent dans Bordeaux, des tracts communistes condamnant la trahison et en appelant au sentiment national contre l'occupant, à l'union des travailleurs pour résister à l'hitlérisme apporté avec les baïonnettes allemandes, furent encartés dans les journaux du jour avec l'approbation de plusieurs tenanciers des kiosques, et distribués à la main dans les faubourgs. Trois jours après l'occupation de Bordeaux par les Allemands (...), des dizaines de personnes suspectes de communisme étaient raflées dans l'agglomération.»

Charles TILLON «Les F.T.P..» (Julliard, 1962 et 10/18)

Des réactions, souvent spontanées, se produisent et sont sanctionnées. Les occupants sont-ils aussi «corrects» qu'on veut bien le dire ?

… A Rennes, la blanchisseuse Aurélie Juge, trois mois de prison pour offense publique à l'armée allemande.

… Les couturières Yvonne Ollivier et Georgette Vallet, une semaine de prison pour offense publique à l'armée allemande.

… L'élève René Chaussinand, une semaine de prison pour les mêmes faits.

… L'ouvrier Gaston Lahaye, deux mois de prison pour offense publique à l'armée allemande.

(- Ouest-Eclair … des 18 et 23 août 1940.)

… Les femmes de chambre Raymonde et Yvonne Paisnel, de Rennes, six mois de prison pour manifestations anti-allemandes.

(- Ouest-Eclair- du 16 septembre 1940.)

… Le cheminot Joseph-Marie Poidevin, de Rennes, six mois de prison pour manifestations hostiles aux Allemands.

(- Ouest-Eclair. du 1er novembre 1940.)

Charles TILLON

11 NOVEMBRE 1940

Pour protester contre l'arrestation de Paul Langevin, physicien de renommée internationale, les étudiants manifestent à l'Arc de Triomphe en brandissant «deux gaules», geste précédé de «Vive»: de nombreuses arrestations sont opérées et les facultés ferment pour deux mois. Le recteur Roussy est suspendu. C'est une des premières «réactions de masse» à l'occupant, suivie d'arrestations et bientôt de déportations.

La Résistance doit être désormais considérée sous ses deux aspects:

- La France libre et les Forces françaises libres;

- La résistance intérieure, qui doit s'implanter et se développer dans un pays mutilé, livré à l'occupant et sous le gouvernement de Vichy à la solde de l'ennemi.

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